2 jours de marche a travers les steppes... Déja ! Le temps passe tellement vite dans une nature aussi merveilleuse. Le bruit des oiseaux, les couleurs du Baikal, la douce caresse du soleil... Nous sommes heureux et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. ''Tiens un village au loin !'' ou plutot un paté de maisons en bois visiblement assez pauvre. ''Allons-y !''. Nous y trouverons surement quelques victuailles pour rompre avec la banalité de nos repas frugueux a base de riz et de pates. Et puis ce sera l'occasion de faire des rencontres avec quelques autochtones...

   1h de marche et nous voila arrivés au village. Les rues sont désertes, une maison caractérisée par une pancarte pourrie nous fait dire qu'il s'agit surement d'un magazin. Mais la porte est verrouillée par un énorme cadenas... pas de chance ! Tant pis, nous continuons notre route. 100m apres la sortie du village, un grondement de moteur surgit derriere nous : une moto side-car vieille comme le monde ! Deux bouriates, un jeune et un plus vieux, s'arretent pres de nous. Ils nous invitent a monter pour un bout de route. Ni une ni deux, nous voila embarqués sans se soucier de rien sur cet engin qui ravive en nous les joies du deux roues (meme si la, il y en a 3 !).

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    On roule trois kilometres sur une piste de terre au milieu d'ornieres gigantesques, puis l'engin s'arrete devant 3 pilliers sacrés au pied desquels les chamanes viennent faire des offrandes : pieces, cigarettes... Nous nous plions a la coutume et mettons quelques roubles ! Puis, préférant continuer a pied (on est la pour marcher et faire du sport !), nous remercions nos deux conducteurs pour ce bout de trajet. Cependant, les deux bouriates ne l'entendaient pas de cette oreille. Ils insistent pour que nous remontions. Parlant le russe de maniere relativement agressive, nous sentons bien qu'ils avaient bu. Un certain nombre de ''spasibo'' (merci) et de sourires ont été nécessaires pour leur faire comprendre que nous ne remonterons pas dans le side-car. Voila... nous pensions partir tranquillement, mais ils n'étaient en fait pas du tout décidés a nous lacher. Ils nous remettent la main dessus pour nous inviter a aller boire un coup avec eux. Ils ont déja bien bu, sont plutot louches, nous refusons ! Ca serait vraiment un coup a se faire droguer puis dépouiller. Ils insistent puis nous font comprendre qu'ils veulent de l'argent, nous n'avons rien a leur donner. Le jeune, plus aggressif, attrape la montre de Renaud, qui ne cede pas d'un poil et reste tres ferme. Il attrape alors la montre puis la sacoche de matthieu (contenant tout ce que nous avions de plus précieux - passeports, argent sous forme de grosses coupures etc...). Ca suffit ! Cette fois il est temps de partir et le plus vite sera le mieux : nous serrons la main des gars pour leur dire au-revoir et nous commencons a partir. Ils nous rattrapent, le jeune retente encore de prendre quelque chose, en l'occurence le chapelet de Renaud, espérant que ca le fasse réagir. Dommage, ca ne marche pas ! Allez, une tape sur l'épaule puis nous partons définitivement et continuons notre route a travers la foret... c'est bon, la ils ne peuvent plus nous suivre !

   Bref, nous sommes un peu décus par cette rencontre avec les locaux, d'autant plus que c' était notre premier contact de la journée avec la civilisation. Nous apprendrons désormais a nous méfier !